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Blogueur, mais comment un médecin peut se retrouver là

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On peut bien être médecin et porter la casquette du blogueur. Cette dernière peut d’ailleurs être utilisée, à côté du stéthoscope, du thermomètre ou du bistouri, comme outils pour participer à l’amélioration de la santé de la population. Dans un pays à plusieurs défis sanitaires comme le nôtre, il est souhaitable que beaucoup plus de jeunes s’intéressent à ce mode de communication.

À l’aube de l’an 2019, j’étais reçu par le ministre de Santé publique de l’époque, le Dr Oly Ilunga, dans son cabinet. C’était pour le compte de Habari RDC, en vue de parler de la dixième épidémied’Ebola en RDC, déclarée depuis début août 2018. Après s’être présenté comme « Médecin et Blogueur », le ministre m’avait aussitôt demandé « comment un médecin se retrouve-t-il blogueur ?». Et ce n’était pas la première fois que cette question m’était posée.
Entre vocation, passion et curiosité
Ma casquette actuelle de « Médecin & Blogueur » ne peut être bien comprise sans remonter des années en arrière. Tout comm…

Malaise de Felix Tshisekedi : à la recherche du petit démon.

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Photo d'illustration: Capture d'écran résultat google (felix tshisekedi investiture: image)
En relatant à la postérité l’investiture de Felix Tshisekedi, l’histoire fera surement allusion à ce moment de faiblesse qu’a connu le nouveau Président. A cause d'un malaise passager, il a dû interrompre sa première allocution pendant une dizaine de minutes.
Comme la plupart de Congolais, nous nous sommes aussi lancés à la recherche du petit démon (mes confrères et moi), devant le petit écran du vestiaire de l’hôpital où nous avions suivi la cérémonie.

Un malaise personnel, une tension nationale

Il y a eu tout d'abord une phrase incompréhensible, puis la coupure du direct de la télévision nationale. Nous avons compris tout de suite que le Président de la République était mal-en-point. En lisant les publications sur Twitter, nous avons appris qu’il venait d’avoir un malaise. C’est lorsque l’Homme du jour a réapparu sur notre écran et a poursuivi son discours que la tension qui av…

Lubumbashi : une trentaine d’enfants empoisonnée ?

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Il aurait fallu boycotter le rendez-vous pour échapper à ce danger. Mais personne ne pouvait s'y attendre. C'est l'histoire d'un enfant de la maternelle dont l'anniversaire a tourné au cauchemar. Quelques heures seulement après le partage du gâteau, un enfant est décédé alors qu'une trentaine de ses condisciples sont hospitalisés. La scène a vécu le dernier week-end d'avril à Lubumbashi. D'aucuns croient en l’empoisonnement, seule explication plausible. Mais qui sait! Et si la cause n’était pas celle-là ? Et s’il s’agissait d’une toxi-infection ?
Une fête qui tourne mal
Un jour qui devrait rester mémorable a donné vie à un cauchemar pour plusieurs enfants et leurs parents. Pourtant le gâteau a bien été réalisé par une enseigne connue à Lubumbashi. Empoisonnement ? Intoxication simple ? En tout cas, c'est une fête qui a mal tourné jusqu'à donner la mort. La victime s'appelle Berouria Mputu, un ange dont la vie a été raccourcie. Elle a été enter…

A Lubumbashi, le paludisme participe aussi à l’appauvrissement des ménages

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À Lubumbashi, on estime qu’en moyenne une famille dépense 240 $ USD par année pour la prise en charge du paludisme ; cette maladie transmise par les moustiques anophèles a donc des répercussions non négligeables sur le panier de la ménagère. Pour limiter ses dégâts, un accent particulier doit être mis sur la prévention.
Tous les 25 avril, le monde célèbre la journée mondiale de lutte contre le paludisme ; pour cette année, le thème choisi par l’OMS est : « prêts à vaincre le paludisme ». Cette maladie, transmise par les moustiques femelles de type anophèle, fait beaucoup des dégâts dans les zones endémiques telles qu’en RDC.
Le paludisme appauvrit les ménages
Dans la pratique quotidienne de ma profession médicale, je rencontre des situations où plusieurs membres d’une même famille sont hospitalisés pour cause du paludisme. Mais je ne savais pas estimer le coût financier que pouvait représenter pour un foyer cette prise en charge.
Michel Mbengya, économiste et blogueur, dans son billet int…

Lubumbashi : Elle n’avait pas suivi les CPN, elle perd son bébé

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Elle a perdu son bébé, né par césarienne, et elle même a failli mourir; Nkita pouvait éviter ce scénario malheureux, si  elle avait suivi les consultations prénatales (CPN). Alors qu’elles permettent de réduire les complications liées à la grossesse et la mortinaissance, plusieurs femmes à Lubumbashi ne suivent pas les CPN, lorsqu’elles sont enceintes. La sensibilisation de la communauté et la réduction du coût de ces consultations peuvent aider à inverser cette tendance.

Elle n’avait suivi aucune consultation prénatale depuis qu’elle était tombée enceinte ; mère de trois enfants, Nkita se disait assez expérimentée pour gérer seule sa grossesse ; point n’était question pour elle de se rendre régulièrement à l’hôpital pour suive les CPN, une perte d’argent inutile disait-elle.

Lorsqu’elle a été amenée à l’hôpital, elle était effondrée et son pagne mouillé du sang. Après examen, il était clair que le placenta, mal inséré, empêché totalement la sortie de l’enfant ; c’est ce qu’on appelle…

RDC : Les fausses vérités sur l’épilepsie, germes de la stigmatisation

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Envoutement par un esprit maléfique, maladie contagieuse, impossibilité d’avoir de bon rendement scolaire, etc. ces préjugés nourrissent la stigmatisation au quotidien de personnes souffrant de l’épilepsie. À l’exemple de Kitwe, qui a dû abandonner son rêve de décrocher un diplôme, les épileptiques en font le frais. L’implication de tous dans la lutte contre ces préjugés s’impose.

La méconnaissance par la société de l’origine et de la transmission de l’épilepsie, maladie caractérisée souvent par la survenue répétée de crises convulsives, est à l’origine de plusieurs préjugés. Certains disent que cette maladie est une conséquence d’un envoutement par un esprit malin, d’autres croient qu’elle est contagieuse ; ces fausses croyances, présentent même dans les grandes villes de la RDC, doivent être combattues.

Un esprit maléfique?

Nombreux sont ceux qui attribuent une origine mystique à cette maladie, même à Lubumbashi. Conséquence : très souvent le traitement médical n’est que le dernier r…

Lubumbashi: Le fouet, la méthode éducative préférée des parents

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Pour certains parents à Lubumbashi, le meilleur moyen de punir un enfant indiscipliné est de le fouetter ; cette vieille méthode éducative cause plus du tort que du bien et mérite d’être abandonnée.
C’était vers minuit ; allongé sur le lit, sous une grande pluie battante, profitant du calme relatif qui régnait à l’hôpital ; et juste au moment où je m’assoupissais, que l’infirmière des urgences est venue m’appeler pour aller voir une patiente qui venait d’être amenée. J’arrive aux urgences ; je trouve sur le lit d’examen une fillette inconsciente, saignant à la tête et portant de vêtements déchirés laissant son torse nu ; « Marie, Jésus, Joseph ! Que ce qui lui est arrivé ? » Je me suis demandé à mi-voix. C’est en récoltant les éléments de l’anamnèse auprès de ceux qui l’avaient amené que j’ai appris qu’« elle a été sévèrement tabassée par sa mère pour indiscipline ».
Plus du mal que du bien
À Lubumbashi, nombreux sont ces enfants qui subissent chaque jour de violences corporelles de la pa…