Blogueur, mais comment un médecin peut se retrouver là


On peut bien être médecin et porter la casquette du blogueur. Cette dernière peut d’ailleurs être utilisée, à côté du stéthoscope, du thermomètre ou du bistouri, comme outils pour participer à l’amélioration de la santé de la population. Dans un pays à plusieurs défis sanitaires comme le nôtre, il est souhaitable que beaucoup plus de jeunes s’intéressent à ce mode de communication.


À l’aube de l’an 2019, j’étais reçu par le ministre de Santé publique de l’époque, le Dr Oly Ilunga, dans son cabinet. C’était pour le compte de Habari RDC, en vue de parler de la dixième épidémied’Ebola en RDC, déclarée depuis début août 2018. Après s’être présenté comme « Médecin et Blogueur », le ministre m’avait aussitôt demandé « comment un médecin se retrouve-t-il blogueur ?». Et ce n’était pas la première fois que cette question m’était posée.

Entre vocation, passion et curiosité

Ma casquette actuelle de « Médecin & Blogueur » ne peut être bien comprise sans remonter des années en arrière. Tout commence par la prise de conscience de la vocation à être au service des autres, ce qui me pousse dès le bas âge à choisir la médecine comme ma future profession. Un peu plus tard, je découvre ensuite peu à peu ma passion pour l’écriture, la lecture et tout ce qui tourne autour de la communication. Et enfin, mon adolescence coïncide avec le lancement, si pas la démocratisation, de l’internet mobile en RDC.

Si au début il m’était difficile de trouver comment combiner ma curiosité, ma passion et ma vocation en seul un art. Je découvert bien des années plus tard, que le blogging était l’ingrédient parfait pour arriver à les souder. Il m’a permis sans abandonner la blouse blanche, se servant d’ailleurs d’elle comme spécialité, de continuer à explorer les coins et les recoins de l’internet et à améliorer ma manière de communiquer. Combiné à d’autres médias sociaux, et en complément au stéthoscope, thermomètre ou bistouri, le blog est apparu à mes yeux comme un outil non négligeable pour sauver de vie.

De l’autodidacte à l’imitation des autres
Comme la plupart des blogueurs que je connais, c’est en autodidacte que je me suis lancé. J'ai commencé d’abord avec un blog privé, que j’ai dû fermer par manque d’inspiration. Ensuite un blog abordant les actualités de l’Église néo apostolique qui m’a permis d’acquérir les bases du blogging. C’est Habari RDC, la communauté de blogueurs congolais, qui m’a aidé à m’épanouir et à donner les meilleurs de moi-même ; c'est grâce notamment à une équipe bien organisée, assurant d’une manière permanente la formation, l’accompagnement et le suivi de ses membres. Pour m’améliorer chaque jour, je me suis donné le devoir de lire régulièrement les billets de mes blogueurs favoris.

Bloguer pour sauver de vies

Aujourd’hui, en plus de Habari RDC et de mon blog personnel, je collabore aussi avec d’autres plateformes. Si je ne m’interdis nullement les thèmes liés à la politique, au sport ou autre, ceux abordant la santé sont mes favoris.

Le rôle du blogueur étant celui de porter haut les sujets qui touchent sa société, et de proposer de pistes des solutions, ainsi que d’inspirer et de pousser à l’action. J’ai décidé d’utiliser le blog (et autres médias sociaux) pour essayer de sauver de vie, en relevant les grands défis de santé présents dans nos milieux, en invitant les lecteurs à acquérir et utiliser les réflexes positifs, et en combattant les infox (les fausses informations).

Sous d’autres cieux, ce double chapeau de « Médecin & blogueur » est bien connu et de plus en plus de jeunes veulent le porter, ce qui n’est pas encore le cas pour la RDC. La rareté de ceux qui utilisent le clavier, en plus de la blouse blanche, pour sauver de vie m’oblige à lancer un appel aux jeunes, passionnés de médias sociaux et qui font ou ont fait des études médicales, de s’approprier ce mode de communication.


Dans un pays où les défis sanitaires sont énormes, l’éducation à la santé fait défaut, et les réseaux sociaux font de plus en plus partie du quotidien de la population, l’utilisation de ces outils pour promouvoir la santé devra être enseignée dans nos facultés de médecine. En attendant que cela arrive, les divers acteurs du secteur de la santé doivent s’en approprier dès aujourd’hui.

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